Avant de citer quelques auteurs et ouvrages de référence, nous souhaiterions soumettre au lecteur l'analyse d'un maître contemporain de l'Ordo Aurum Solis (société Hermétique née à Alexandrie à l'époque gréco-égyptienne) à propos de l'approche Hermétique :

« La démarche de l'Aurum Solis implique de se cultiver à travers les écrits classiques qui constituent notre tradition. Cette culture est le fondement nécessaire à l'établissement d'une stabilité intérieure permettant un travail théurgique plus efficace.

Mais il ne s'agit pas d'ériger cette connaissance en un dogme, que l'on devrait accepter sans discussion. L'initié tel que nous le concevons est avant tout un scientifique et un sceptique. Il s'agit d'apprendre, d'observer, d'expérimenter et de douter. Il convient de se remettre en question, de ne rien croire sur parole, mais d'œuvrer sans relâche.

Il peut paraître étrange de dire qu'un initié est un scientifique. Toutefois les techniques spirituelles et théurgiques que nous transmettons, utilisons, continuons à expérimenter et à développer ne sont que les éléments d'un système. Il ne s'agit que de moyens et il ne faut surtout pas les considérer comme des fins en eux-mêmes.

 

Nous associons ce travail théurgique à une démarche intérieure philosophique, d'aucuns diraient spirituelle. Cette dimension est bien présente, mais ne peut être comparée à la pratique d'une religion, telle que le monothéisme la conçoit par exemple. Les deux ne sont évidemment pas incompatibles, mais les techniciens que sont les initiés ont appris à connaître l'outil et donc à le distinguer de la main qui le guide.

Je me limiterai à dire que la dimension religieuse est l'ouverture de l'être à une altérité qu'il accepte comme élément l'aidant à s'élever, mais ne lui est jamais soumis. L'initié s'emploie toujours à garder une distance critique vis à vis de toute expérience d'ordre mystique, mais bien évidemment sans pour cela la rejeter. Comme nous le voyons, nous sommes bien loin du dogme.

 

La démarche philosophique est quant à elle assez proche de ce que l'on peut retrouver dans le Livre VII de La République et dans le texte du Banquet de Platon. Il s'agit d'apprendre à se connaître selon la méthode socratique et à s'élever vers le Beau, le Bon, l'Un, le Noûs, par la pratique de la vertu et de la connaissance. Comme le prisonnier de la caverne, nous allons apprendre à distinguer l'apparence de la réalité, les ombres de la lumière.

Mais paradoxalement, l'initié de notre tradition, épicurien par nature, ne cherche pas à fuir le monde comme pouvaient le faire les stoïciens, les gnostiques ou plus tard les cathares et autres religieux. Comme le disait Epicure, il s'agit de profiter des plaisirs du monde, trouvant son propre équilibre dans le respect de sa nature et du milieu dans lequel nous vivons ».


Extrait de l'avant-propos de Philosophie et Pratique de la Haute Magie de M. Denning et O. Phillips.



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